C'est un changement qui a des allures de tentative de sauvetage : les pilotes du championnat du monde de Moto GP vont désormais courir sur des machines de 1 000 centimètres cubes, au lieu des 800cc. Le but des promoteurs est clair : rehausser le niveau de la compétition, avec plus de vitesse et de spectacle, au moment où le faible nombre de pilotes et de constructeurs, et le coût exorbitant des prototypes mettent sérieusement en doute l'avenir de cette compétition (dans cette configuration). MotoAssurance.com, votre spécialiste de l'assurance moto, fait le point pour vous.
Plus de vitesse, plus de spectacle, plus de risques
Trois saisons après le déjà controversé passage au 800cc, les promoteurs du Moto GP font à nouveau marche arrière, ou plutôt, marche avant : pour le championnat 2012, les Moto GP seront désormais équipées de moteurs quatre-cylindres de 1 000 cc. C'est donc le retour des grosses cylindrées, avec tout ce que cela devrait traduire sur le circuit : des vitesses vertigineuses, un nouveau défi pour les constructeurs, et une chance pour certains pilotes qui réclamaient ce changement depuis longtemps, Valentino Rossi en tête.
Mais c'est aussi un risque encore plus élevé d'accidents, dans un sport encore endeuillé par la disparition de Marco Simoncelli.
Une compétition biaisée d'avance ?
Ceux qui critiquent les sommes astronomiques dépensées pour la construction des machines prototypes devraient, une nouvelle fois, trouver matière au mécontentement Car sur le plan technologique, le changement de puissance va aussi imposer aux constructeurs certaines contraintes : avec plus de 260 chevaux dans le moteur, les aides électroniques, tels que les puces, seront indispensables pour rester stable en sortie de courbe.
Face aux Ducati, Honda et consort, les CRT (Claiming Rule Team), intronisées pour la première fois sur le circuit GP, vont donc sans doute connaître une saison difficile, malgré les faveurs accordées par les organisateurs du championnat (24 litres de carburant, au lieu de 21 pour les autres, 12 moteurs contre six pour les usines et compé-clients).
Avec seulement 17 coureurs sur la grille de départ, et trois constructeurs (Suzuki a annoncé en novembre 2011 son retrait de la compétition), le championnat ne devrait pas, tout comme la saison dernière, être un modèle de suspense.
CRT : une révolution à tâtons ?
Depuis un certain temps, beaucoup de spécialistes s'accordent pour dire que l'avenir de la Moto GP se trouvent chez les CRT : ces motos au faible coût (maximum 15 000 euros), encore largement minoritaires sur le circuit, mais qui laissent encore, selon les puristes, plus de place à la qualité intrinsèque du pilote plutôt qu'à la technologie ultra-sophistiquées que l'on trouve chez les modèles d'usines.
Le chemin est sans doute encore long pour les CRT, mais à l'heure où le mot « crise » est sur toutes les lèvres, il n'est pas sûr que les modèles de machines à plusieurs millions d'euros aient le vent en poupe éternellement.
© Euro-Assurance – Guillaume GARNIER – novembre 2011