Des chercheurs de l'université d'Evry ont effectué un « testing » sur la mobilité et l'emploi. Le résultat est surprenant. Les femmes qui se déplacent à moto auraient plus de mal à se faire embaucher. MotoAssurance.com, votre partenaire assurance moto, vous explique pourquoi.
Le principe du « testing »
Le « testing » est une enquête grandeur nature. 4 CV fictifs de contrôleurs de gestion ont été établis et envoyés à de vrais employeurs. Identiques en termes d’âge (28 ans), de diplômes, de parcours professionnel, d'expériences, et de compétences informatiques et linguistiques. Leur seule différence était le sexe… et le permis de conduire.
1 200 candidatures ont ainsi été envoyées entre fin 2008 et début 2009 en réponse à 300 offres d'emploi. Objectif : mesurer l'impact de la mobilité domicile/travail sur l'accès à un emploi. Le taux de réponse favorable a été de 18,7 %.
Résultats surprenants
Les enquêteurs s'attendaient un peu à ce que les candidats motorisés soient plus favorisés que les usagers des transports en commun. Mais ils étaient loin d’imaginer qu'il pouvait y avoir une différence entre les hommes et les femmes motorisés.
En effet, d'après leurs résultats, la candidature qui a reçu le plus de réponses favorables est celle de la femme n'indiquant pas de permis de conduire sur son CV (12,3 %). Suivent ensuite celles de l'homme titulaire des permis A et B (10 %), puis de l'homme n'affichant pas de permis sur son CV (9,3 %). La femme précisant être titulaire des permis A et B a, quant à elle, obtenu le taux de succès le plus faible (7 %).
Discrimination hommes/femmes… à moto
Conclusion des chercheurs : les hommes peuvent afficher, ou non, une forte mobilité, cela ne semble pas avoir d’effet sur leurs possibilités de décrocher un entretien d’embauche. Quant aux femmes qui utilisent les transports en commun, elles ont les faveurs des recruteurs, quel que soit le type de contrat de travail pour lequel elles postulent.
En revanche, une femme titulaire du permis moto a moins de chances d'être embauchée. Pour les enquêteurs, « elles renvoient aux recruteurs certains signaux laissant entrevoir un caractère bien trempé, plutôt masculin, original, indépendant. Ce qui ne colle pas forcément avec la profession de contrôleurs de gestion où les femmes salariées sont majoritaires ».
C'est la révélation principale de cette enquête : les femmes mobiles et autonomes ont 4 fois moins de chances d’accéder à un entretien d'embauche que les hommes tout aussi mobiles et autonomes.
Après le sexe, le patronyme, le handicap, le physique, voire l'adresse, voici donc une nouvelle discrimination à l'embauche : le moyen de locomotion…
© Reed Digital, Laurence de Percin, février 2011.