Détente et franc-parler
L’ex-préfet de Haute-Corse a pris ses fonctions en juillet 2011, alors que la colère des motards battait son plein. C’est lui qui a souhaité rencontrer la presse moto afin de reposer des bases saines aux débats en cours. Il est arrivé au rendez-vous à moto (conduit par son chargé de mission deux-roues, n’exagérons rien), équipé d’un gilet et d’un brassard fluo.
Son principal problème avec les deux-roues : les accidents. « On a 1 000 morts par an, comment on fait pour passer à 500 ? », demande-t-il aux journalistes assis autour de la table. Avant d’ajouter : « Est-ce qu’on peut faire des choses ensemble pour améliorer la sécurité routière ? ».
Accidents moto : des études statistiques en cours
Le problème pour répondre à cette question, c’est qu’en matière d’accidents à deux-roues, les statistiques ne sont pas précises. C’est pourquoi M. Nevache a annoncé qu’une enquête allait être menée par le ministère de l'Environnement « sur 20 000 motocyclistes pendant 1 an. On aura les résultats en 2013, on va pouvoir avoir une photo précise sur le parc, sur qui est le motocycliste », espère-t-il.
Tout en ajoutant : « Néanmoins, je ne crois pas que la connaissance va invalider fondamentalement ce que l’on constate, notamment une augmentation des accidents ».
Equipements moto : obligation et coût
Pour Jean-Luc Nevache, il faut commencer par renforcer l’équipement de sécurité des motards : « Les motards français sont beaucoup moins équipés que les motards dans les autres pays. A un moment, il va bien falloir qu’on passe à une obligation de porter des gants, un pantalon protecteur et des bottines ».
Quant à la question du prix, très élevé, de ces équipements, il estime que « c’est un vrai sujet. Il faut qu’on travaille sur ce point avec les équipementiers et les revendeurs. »
Circulation interfile en suspens, contrôle technique repoussé
Avant-dernier point abordé : la circulation interfile, qui vient d’être autorisée en Belgique. Avant de se prononcer, Jean-Luc Nevache souhaite attendre un premier retour d’expérience de nos voisins. « Il n'y a pas de raisons de ne pas le faire, mais dans des conditions sures », affirme-t-il.
Son idée est d’autoriser la remonté des deux-roues entre les 2 dernières files de gauche, en dessous de 50 km/h et avec un différentiel maximum de 20 km/h avec les voitures.
« Ce serait l'un des aspects positifs d'une réglementation : cela permettrait d'acter et de sanctionner les excès ».
Enfin, une bonne nouvelle : le délégué à la Sécurité routière a annoncé que le contrôle technique des motos et autres cyclomoteurs n’était plus une priorité pour le moment.
Normes des deux-roues : responsabiliser les médias
Enfin, Jean-Luc Nevache a terminé cet entretien par une demande expresse aux médias présents. « Je vais encore vous demander un truc : dans les illustrations de vos journaux, dans les essais, si vous pouvez présenter des gens avec des équipements aux normes (stickers réfléchissants sur le casque, etc.) et qui ne font pas de wheelings. Ce serait un premier pas dans une pratique responsable ».
Chez MotoAssurance.com, on est 100 % d’accord avec ça !
© Reed Digital, Laurence de Percin, janvier 2011